WikiLeaks: Quand la politique internationale devient l'expression du pathétique

Publié le par Gabriel Beauchemin

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O ubliez la CIA, le SVR, le SIS  et mê me le Mossad! Maintenant, « l'organe de renseignements le plus puissant au mon de » sera bientôt WikiLeaks selon les dires de son fondateur Julian Assange.


Le 22 octobre dernier, cette organisation de renseignement a fait son premier grand coup en livrant au grand public plus de 400.000 rapports de l’armée américaine sur ses activités en Irak de 2004 à 2009. Torture, meurtre et humiliation telles sont les activités pratiquées par les forces de la coalition décrites dans ces « rapports d’accidents ».  Considérés comme étant "la plus grosse fuite de documents militaires secrets de l'Histoire", ces documents secrets font part d’un décompte réel de 109.032 morts en Irak dont 60% représenteraient des pertes civiles. En gros, cela représenterait environ 15.000 décès de plus que les chiffres rendus publics par le gouvernement américain. 

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Nécessairement, un coup n'attendait pas l'autre, Wikileaks a récidivé cette fois avec la divulgation de 250.000 rapports diplomatiques confidentiels du Service étranger des États-Unis. Faisant scandale chaque jour sur les pratiques douteuses des bas-fonds de la politique internationale, Le Monde, El País, le New York Times, The Guardian et Der Spiegel sont les seules grands quotidiens mondiaux ayant reçu un accès à la banque d’informations de WikiLeaks se rapportant aux câbles diplomatiques. L’accès restreint à ces grands quotidiens de renom est justifié par la volonté de WikiLeaks d’un traitement graduel et de qualité de l’information et cela sans qu’il y ait aucun débordement ou abus.

Bien sûr, protestations et accusations s’en sont suivies. Entre autres, le président Sarkozy juge que cette divulgation de documents aussi chauds est « irresponsable » de la part de Julian et de son équipe. D’autres scanderont que ce n’est qu’un acte juste et légitimement démocratique visant à protéger le droit d’accès à l’information et le devoir des gouvernements à la transparence.


Mais ce qui est sûr, c’est que cet acte démontre encore une fois notre ineffable nature de voyeur. Professeur de politique à l’Université Laval, Anne-Marie Gingras décrit très bien le phénomène WikiLeaks comme étant « le fantasme libertaire qu'on retrouve à toutes les étapes du développement d'Internet ». En effet, seul le fait que l’annonce de cette fuite ait eu plus d’attention que le contenu des rapports démontre très bien notre irrésistible curiosité envers cet « exhibitionnisme inquiétant » comme  l’exprime si bien Le Figaro. De plus, il est regrettable de voir à quel point le grand public est affamé de potins sur ce que la politique internationale a de plus bas et le fait qu’il consomme toujours plus sans user de discernement les scandales un après l’autre. Effectivement,  que ce soit les actions autocratiques de la Russie sous Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev ou l’État américain qui a demandé à ses diplomates de se livrer à des actes d’espionnage aux Nations Unies, il n’y a rien de très surprenant là-dedans.


Si le constat d’une société voyeuriste et incapable de discernement se fait toujours sentir, il reste que la transparence ne vaut rien quand des citoyens désintéressés se laissent doucement  abuser par une transparence despotique.


Lien de la vidéo démontrant les bavures des forces américaines en Irak :

http://www.dailymotion.com/video/xcukyb_wikileaks-publie-la-video-d-une-bav_news

 

Lien du portail de WikiLeaks :

http://wikileaks.org/

 

Sources : Le Monde, Le Devoir, WikiLeaks

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