Un divertissement, non une distraction!
Avant d’entrer dans le vif du sujet, je crois qu’il est essentiel que je vous raconte un peu mon histoire, afin que vous compreniez bien mon point de vue. Je viens d’une famille de fans inconditionnels des Nordiques. J’ai grandi avec cette équipe, dont il me reste quelques souvenirs flous seulement, et quelques années plus tard, à partir de la saison 1995-1996 plus précisément, je suis logiquement devenu un fan de l’Avalanche du Colorado. Je me souviens même avoir été profondément ému par la fameuse Coupe Stanley de 2001, première en carrière pour l’exceptionnel Raymond Bourque. Imaginez; un «ti-cul» d’à peine dix ans, ému par un match de hockey…
Là où je veux en venir, c’est que je ne suis aucunement un de ceux qui détestent le hockey; il a toujours été, est encore et restera toujours mon sport favori, même si je n’ai plus cette passion d’enfant (ni le temps que j’avais à l’époque…) qui me poussait à suivre chaque match, à connaître les statistiques et à en jaser pendant des heures avec des amis. Sauf que là, je crois que nous allons trop loin.
Au moment d’écrire ces lignes, dans le Golfe du Mexique, une ancienne plate-forme pétrolière, qui a explosé la semaine dernière, déverse tout près de 800 000 LITRES de pétrole brut PAR JOUR dans l’océan. Inutile de vous faire une liste des conséquences de ce désastre.
Le 12 avril 2010, le gouvernement britannique a adopté le Digital Economy Act 2010, loi ayant pour but de réguler les médias numériques et qui, entre autres, exigera aux fournisseurs d’accès internet de bloquer certains sites dits «suspects» de violer les droits d’auteurs. Cette loi permet aussi à ces mêmes fournisseurs de suspendre sans avis et pour une période indéfinie l’accès à internet de tout abonné soupçonné de participer à une quelconque activité violant les droits d’auteurs. Finis les films en streaming. Fini le téléchargement de la dernière chanson de votre groupe préféré pour savoir si l’album vaut la dépense. Non seulement cette loi donne-t-elle un pouvoir quasi-absolu sur la vie privée de la population à des dirigeants non-élus, mais elle crée aussi un précédent pour tous les autres gouvernements qui subissent des pressions énormes de la part de l’industrie du divertissement.
À elles seules, ces deux nouvelles m’alertent au plus haut point. Et je ne mentionne même pas les autres éternels problèmes de notre monde; guerres, famines, maladie, j’en passe.
Et de quoi parle-t-on sans arrêt dans tous les lieux publics? Quelle nouvelle fait la manchette de tous les journaux et de tous les bulletins de nouvelles en ce jeudi 29 avril 2010? Pour quelle raison les gens sont-ils descendus dans la rue hier soir? La Ste-Flanelle a triomphé des méchants Capitals, en première ronde des séries. Oui, c’est extraordinaire, on a vaincu la meilleure équipe de la ligue, on revenait de loin, c’est notre équipe, notre fierté. Mais le hockey est d’abord et avant tout un sport, quelque chose qui doit nous divertir et non nous distraire. La différence est mince, mais elle est là; cela doit rester un loisir et non éclipser tout le reste. En ce moment, je perçois la majorité de la population québécoise comme un vieil alcoolique, qui se cantonne dans le connu et le confortable pour oublier tout ce qu’il y a de mauvais autour. Croyez-moi, je n’ai jamais eu aussi peur d’un «lendemain de brosse»…