L'argent fait la politique?
Le 27 avril dernier, le premier ministre Jean Charest a déclaré durant un point de presse à Chicago que son ministre de la Famille, Tony Tomassi, n’a jamais offert de privilèges à des garderies d’amis du parti libéral. Répondant aux sévères critiques et attaques de l’opposition, l’homme à la tête du Québec et son ministre se retrouvent en eaux depuis plusieurs semaines à ce sujet.
La compagnie médiatique TVA a d’ailleurs révélé que Genco, l’entreprise familiale de Tomassi, avait reçu en 2006 un contrat de 200 000$ pour rénover la garderie privée De chenille à papillon à Montréal. Sur les 18 000 places qui ont été distribué depuis 2008, soixante places sur les 435 places distribuées par jour auraient été offertes à des garderies de donateurs ou d’amis libéraux. Entre autre, 67 de ces places réaffectées par M. Tomassi ont été donné à six garderies d’administrateurs ou d’actionnaires participant au financement du parti.
Niant une nouvelle fois que ses ministres faisaient preuve de favoritisme, M. Charest a jugé que les allégations contre le ministre Tomassi étaient sans fondement. D’un autre côté, la population et l’opposition exige de plus en plus fort la mise en place d’une enquête publique sur la corruption au sein du gouvernement.
C’est en 2009, suite aux multiples scandales sur la corruption dans le monde municipal et de la construction que M. Charest s’est décidé de mettre en place une enquête policière nommé Opération Marteau visant à lutter contre les crimes de corruptions au Québec. Mais, cette opération n’est-elle pas un moyen pour les libéraux d’éviter une enquête publique qui pourrait mettre à jour des vérités très compromettantes sur les activités du parti libérale? En effet, peut-être que les libéraux cherchent à cacher leurs crimes, pensons aux allégations tenu par l’ancien ministre de la justice Marc Bellemare par rapport à l’existence de trafic d’influence au sein du ministère de la justice. En effet, M. Bellemare a déclaré qu’il avait été témoin en décembre 2003 et janvier 2004 d’échange d’énormes sommes douteuses. De plus, il se dit victime de pression pour faire élire comme juges de grands amis du parti libéral. Le premier ministre Charest a riposté en actionnant M. Bellemare pour 700 000$ pour préjudice moral et diffamation.
Alors, qu’est-ce que les ministres et les fonctionnaires peuvent faire? Ont-ils les mains liées par un parti trop fort? C’est ce que pense Amir Khadir de Québec solidaire, qui accuse Jean Charest de se boucher les oreilles et de ne pas faire preuve de courage dans la lutte contre la corruption. Du côté de l’opposition, on critique beaucoup le parti libéral, mais est-ce que le PQ, l’ADQ et Québec solidaire valent mieux? Selon le Devoir, le PQ amasserait environ 4,83 millions de dollars en contribution annuellement depuis qu’il est dans l’opposition. Mais ce n’est certainement pas ces contributions qui font fonctionner la machine du principal parti de l’opposition. Même la ministre de l’éducation, Michelle Courchesne, s’était échapper en commentant le financement des partis en ayant déclaré le 2 décembre 2009: «Cela peut-il être prit comme une tentative de mettre tous les partis dans le même bateau pour défendre ses intérêts?»
Pouvons-nous ainsi dire que le très controversé budget Bachand est un cadeau pour les investisseurs libéraux du milieu privé? Maintenant, il reste à voir si les Québécois vont agir pour contraindre le gouvernement à mettre en place une enquête public sur la corruption ou s’ils sont passifs et indifférents à ces crimes.