Des lacunes qui font mal à notre avenir

Publié le par Emilie Girard, en collaboration spéciale

AfficheEducation.jpgEnseigner son savoir est probablement un des accomplissements les plus motivants. Et l’enseigner à la génération actuelle est primordial si l’on veut assurer le succès de chacun en société.  Mais qu’advient-il réellement de l’enseignement au Québec aujourd’hui?

En 2009 par exemple, plus de la moitié des futurs enseignants québécois ont échoué l’examen national de français nécessaire à l’obtention de leur diplôme universitaire. Pourtant, le tout ne semblait point compliqué. Une des parties de l’examen consistait à identifier les erreurs d’une phrase et les expliquer, la deuxième à écrire au sujet de l’enseignement en y soutenant une opinion, le tout sans fautes. Mais alors, pourquoi dénote-t-on autant d’échecs (67% à l’Université de Sherbrooke, 63% à l’Université du Québec à Rimouski)? Pourtant, ces mêmes étudiants ont réussi leur examen final de français au secondaire et leur Épreuve uniforme au Cégep. Mais il y a ici également une lacune à soulever : L’an dernier, le taux de réussite de l’épreuve fut de 83%, un des pires résultats de la décennie… Que ce passe-t-il donc?

Malheureusement, ces futurs enseignants sont également de plus en plus démotivés à exercer leur profession. Effectivement, la simple attente afin d’obtenir une autorisation d’enseignement est ardue ; Pour détenir cette autorisation, ces derniers doivent effectuer entre 600 et 900 heures d’enseignement, souvent en suppléance ou à court terme, ce qui ne leur permet pas d’accumuler un revenu acceptable. Ils sont souvent alors tenus d’occuper un deuxième emploi qui leur octroiera suffisamment d’argent pour subvenir à leurs besoins, pendant un long moment.

Et même avec cette autorisation, plusieurs décident finalement d’abandonner, la raison la plus importante de toutes étant probablement le manque de ressources à leurs côtés. Avec une charge de travail et une gestion de classe difficiles, ces enseignants ont de quoi être épuisés, voire stressés. Avec l’instauration de la réforme qui changera encore d’ici septembre avec le retour des bulletins chiffrés, ou encore un taux de décrochage chez les jeunes qui ne s’améliore pas (près de 30% de décrochage en moyenne aux dernières nouvelles), on constate alors pourquoi les enseignants veulent déserter la profession.

C’est pourquoi, par manque de main-d’œuvre, les institutions scolaires se tournent vers des solutions questionnables. Selon des statistiques soulevées dernièrement par le Ministère de l’Éducation, au moins 1 900 «enseignants» n’avaient pas l’autorisation requise pour enseigner. Sur ce nombre, 260 n’avait qu’un diplôme d’études collégiales, et 53 un simple diplôme d’études secondaires. On a beau dire que les postes sont difficiles à combler, qu’on cherche à enrichir la formation de ces dit professeurs, mais il faut également prendre conscience qu’il s’agit de personnes responsables de notre éducation.

L’éducation au Québec souffre donc, sans nécessairement que l’on s’en rende compte. Bien qu’elle constitue un des piliers des plus importants dans notre vie, et nous le savons en tant qu’étudiants, elle est tout de même négligée. La situation doit changer afin que l’enseignement suscite l’intérêt chez les futurs enseignants.

Et vous, qu’en pensez-vous?

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