Transparence «invisible»!
Douche froide pour le gouvernement conservateur! Le 14 avril dernier, la commissaire à l’information Suzanne Legault a remis un rapport dénonçant le manque de transparence de la troupe de Stephen Harper. Délais d’attente trop long, censure et même refus d’accessibilité à des documents; ces lacunes viennent semer le doute chez les Canadiennes et Canadiens à l’endroit de son propre gouvernement.
L’enquête de la commissaire Legault a débuté à la suite des propos du diplomate Richard Colvin concernant la possible torture de prisonniers afghans. Colvin avait d’ailleurs accusé le gouvernement d’être informé du sort de ses détenus de guerre, mais d’être resté par la suite inactif. Les conservateurs avaient répliqué en présentant des documents rendus publiques, contenant des textes partiellement biffés et même censurés. Ce fut suffisant pour Suzanne Legault de s’interroger sur la qualité de l’accessibilité à l’information.
Ironiquement, les conservateurs avaient été élus en 2006 en promettant de former un gouvernement transparent, comparativement à leurs prédécesseurs libéraux. Le Scandale des Commandites avait rendu tellement populaire la troupe de Stephen Harper que cette dernière s’était donnée comme rôle de faire «le ménage» dans la fonction publique et de se montrer plus près de la population.
Aujourd’hui, le rapport de la commissaire Suzanne Legault démontre l’inactivité du gouvernement et même pire, une régression au sujet de la transparence. Rappelons aussi que le gouvernement Harper avait proposé deux projets de loi visant à imposer la censure au cinéma, ainsi qu’à contrôler l’information accessible sur des sites internet en dehors du Canada.
Un contrôle de l’information effrite la liberté de l’individu à développer son esprit critique avec de nombreuses sources. Si le gouvernement conservateur censure des faits qu’il doit rendre publique, quel impact politique cela pourrait-il avoir? Que sera-t-il alors caché à la population canadienne?
«L’ignorance, c’est la force.» - Georges Orwell