La hausse des frais, la solution?
Sans surprise, plus de 500 étudiants et étudiantes ont manifesté le 11 mars dernier, à Montréal, devant le bureau de la ministre et députée libérale Michelle Courchesne. Armés de pancartes et chantant dans les rues, ces jeunes militants, en colère, se sont révoltés pour dénoncer un geste inacceptable : la hausse des frais de scolarités dans les universités, envisagée par la ministre de l’éducation. Il est vrai que notre province vit une année difficile du côté économique : le déficit pour l’année 2009 s’estimerait à 4,5 milliards de dollars, mais cette économie dans le rouge justifie-t-elle que l’on prenne l’argent manquant dans le système du savoir?
La colère des étudiants étaient fortement visible! Les manifestants en voulaient à Mme Courchesne non seulement pour réduire l’accessibilité aux bancs universitaires, mais également pour la disparition d’un fond de 35 M$ destinés aux prêts et bourses du Québec. En fait, ce montant provenaient d’une subvention supplémentaire de 115 M$, (comparativement à 80 M$ en 2007) accordée par le gouvernement fédéral pour l’Aide Financière aux Études. La ministre Courchesne a bel et bien investit les 80 M$ habituels, mais les 35 M$ supplémentaires sont toujours manquant. Les étudiants universitaires et collégiaux ont accusé le gouvernement Charest d’avoir détourné cette dite somme. Ces derniers avaient d’ailleurs manifesté à ce sujet, le 9 février dernier.
Ce geste politique, en plus de l’intention de soutirer le gel des frais de scolarités universitaires, ont suscité la colère, non seulement chez les étudiants, mais également chez le Parti Québécois. Accusant la ministre Courchesne de réduire l’accessibilité aux études et de favoriser l’endettement, les péquistes réclament la tenue d’un sommet, avec la collaboration de la FEUQ et de la FECQ, afin d’en arriver à une entente. Sans surprise, Mme Courchesne a fait la sourde d’oreille.
Il faut cependant tenir compte du déficit qu’engendrent présentement les universités du Québec. Prenons en exemple l’Université de Montréal (UdeM) qui enregistre pour la période 2009-2010 un déficit de 14,9 millions de dollars. Ce manque de fonds a provoqué la grève de plus de 2400 chargés de cours qui attendent toujours la négociation fructueuse d’une convention collective. Et que dire de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) qui anticipe un déficit de 19,5 millions de dollars? C’est la qualité de l’éducation qui soufre d’un tel manque de fonds.
L’éducation garantit et forme la main d’œuvre de demain; mais avec la hausse des frais de scolarité et le 35 millions détourné, ce sont entre 6000 à 13 000 étudiants qui n’auront plus les moyens de continuer leurs études. Au Collège Laflèche, plus de la moitié des étudiants entament ou finissent leurs études pré-universitaires.
Qu’en pensez-vous?