Les Rednecks et leurs fusils...
Tatoués, flasques et pancartes à la main, mais surtout armés de AK-47 ; ce fut avec colère que des Américains ont manifesté le 19 avril dernier à Washington. «Mes droits viennent de Dieu et non du gouvernement» proclamaient-ils pour défendre leur liberté de porter une arme à feu.
En l’occasion du 15e anniversaire de l’attentat d’Oklahoma city où 168 Américains avaient perdu la vie, les militants se sont battus contre l’enregistrement d’armes à feu. Leur crainte : une éventuelle intervention de l’administration Obama dans leur liberté de se défendre. «Ils sont après notre liberté, notre argent, nos enfants, nos biens. Ils veulent tout nous prendre car c’est une bande de socialistes.»
Le 19 avril marque le 235e anniversaire du début des combats qui ont mené à la signature de la constitution américaine. D'ailleurs, c’est par cette constitution et plus précisément par le deuxième amendement que le droit de posséder des armes à feu est garanti. Une coincidence? Les manifestants utilisent cet argument comme arme législative.
Aujourd’hui, il existe plus de 295 millions d’Américains, mais également plus de 200 millions d’armes aux États-Unis. Est-ce un facteur influencant le taux de criminalité? Rappelons-nous de la triste tragédie de Colombine.
Chez nous, le registre des armes à feu a fêté ses 15 ans. Influencé par la tuerie de la Polytechnique de 1989, la création d'un tel enregistrement voulait empêcher toute autre tuerie. Si certains croient que c’est un moyen préventif contre les homicides, sachons qu'aux États-Unis, on compte environ de 5,6 à 5,9 homicides par 100 000 habitants contre 1,5 à 2 pour le Canada. Il y a-t-il une réelle différence?
Les armes à feu assurent la sécurité à domicile pour certain, mais elles peuvent également engendrer des tragédies comme celles de Colombine, Dawson et même de la Polytechnique. Quand on pense que le gouvernement Harper veut rouvrir le débat et abolir le registre des armes à feu, il y a matière à discussion sur ce sujet.