Un constat plus que décevant

Publié le par Emilie Girard, en collaboration spéciale

mongrain.pngConfortablement installée devant mon téléviseur, j’alterne en ce 25 avril au soir entre deux chaînes télévisées ; Radio-Canada et son fidèle Tout le monde en parle, et TVA avec leur présentation du Gala Artis. Soudainement, une catégorie de ce gala attire mon attention ; on annoncera sous peu le gagnant dans la catégorie «Animateur, animatrice d’émission d’affaires publiques». Alors que la liste des nominés défilent, des noms tels que Pierre Craig (La facture), Simon Durivage (Le Club des ex et Le match des élus), Denis Lévesque (Denis Lévesque), Jean-Luc Mongrain (Mongrain) et Alain Gravel (Enquête) se font entendre. Curieuse de connaître le CHOIX DU PUBLIC, j’écoute attentivement le présentateur prononcer le nom du gagnant. Quelle ne fut pas ma surprise en entendant le nom de Jean-Luc Mongrain sacré meilleur animateur d’émission d’affaires publiques.

À mon sens, les affaires publiques ne se reflètent pas dans une émission où l’on traite d’un problème de contraventions parce qu’un homme a nourri un écureuil dans un parc. Pas même dans une émission où l’on discute longuement et avec ferveur sur le fait que des étudiants du primaire et du secondaire doivent porter des «pantoufles» en classe pour ne pas salir le plancher, alors que le véritable sujet du jour vise à dénoncer des lacunes pertinentes dans le système d’éducation.

Le public est donc si avide de sensationnalisme? Alors que de multiples programmes télévisuels s’affairent à nous informer sur l’actualité politique, les conflits sociaux, économiques et éthiques, comment se fait-il que le public choisisse un programme où l’on ne semble pas traiter efficacement d’un sujet d’actualité? Évidemment, ce vote ne se basait pas sur l’opinion de toute la population québécoise, j’en suis bien consciente. Mais quand affaires publiques semblent rimer avec exagération et subjectivité, quand on ne désire que capter l’intérêt du spectateur en misant sur le caractère sensationnel d’une nouvelle et non sur son côté informatif et éducatif, il est normal je crois, de se questionner sur le choix qui a été fait. Bien sûr, c’est justement le choix des téléspectateurs d’écouter et d’apprécier ce genre d’émissions Mais cela nous démontre malheureusement qu’une fois de plus c’est ce que le public redemande, faute de s’intéresser plus sérieusement aux enjeux qui les entourent.

Un constat plus que décevant pour les artisans qui s’investissent dans une émission où l’on désire aviser les consommateurs ou encore informer les citoyens à propos de leur gouvernement et les problématiques éthiques et sociales qui prennent place dans notre quotidien. Un constat décevant aussi pour ceux et celles qui eux, s’intéressent véritablement à ces émissions et à son contenu pertinent.

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Publié dans Arts et Critiques

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